Charte de transparence IA

Pourquoi et comment j’utilise l’intelligence artificielle

PARLYA est consacré à une question : que se passe-t-il réellement lorsque nous parlons avec une intelligence artificielle ?

Il serait paradoxal de poser cette question sans dire quelle place l’IA occupe dans mon propre travail. Cette charte le fait. Elle explique aussi comment je m’en sers pour la comprendre.

Ma position tient en une phrase : je peux me servir de l’IA pour travailler un texte sans lui abandonner la pensée qui donne à ce texte sa direction, sa portée et sa responsabilité.

En un coup d’œil

  • Les textes de PARLYA sont sous ma responsabilité. Je les conçois, je décide de ce qu’ils défendent, je les relis et j’en réponds. L’IA participe à leur élaboration, de la structure à la réécriture. La ligne éditoriale est la mienne.
  • Mon travail s’organise avec des agents IA. Des agents Claude spécialisés m’accompagnent sur l’ensemble du projet, notamment pour la recherche, la rédaction, la vérification des faits, la marque, l’éthique, l’analyse des usages, les réseaux sociaux, le site et la traduction.
  • Les images, les vidéos et les traductions anglaises sont réalisées avec des outils d’IA. Je les signale comme telles là où la plateforme le demande.
  • L’IA est aussi mon terrain d’étude. Mon interaction avec elle est mon laboratoire, et c’est ce regard que PARLYA cherche à transmettre.
  • L’IA n’est jamais une source, sauf pour attester ce qu’elle a écrit. Les faits, les références et les citations se vérifient dans les sources, pas dans ses réponses.

Un outil, et d’abord un terrain d’étude

Pour la plupart des gens, l’IA est un outil. Pour moi, elle est aussi l’objet de mon travail. Mon interaction quotidienne avec elle est un laboratoire où je suis à la fois acteur et observateur : je lui parle, je lui réponds, et j’observe ce que cet échange produit.

J’observe ce que fait le système : il produit une suite plausible de mots à partir de ce qu’on lui a donné. Et j’observe ce que je fais, moi : ce que je lui attribue (une intention, un avis, un accord), ce que je projette, ce qui me convainc parce que c’est bien dit. La question de PARLYA se joue dans l’écart entre ce que la machine produit et ce que nous lui prêtons.

Un exemple. En lui exposant un objectif et un plan, j’ai constaté que la réponse portait sur mon cadrage tel quel, sans le remettre en question. J’ai appris à formuler autrement mes demandes : séparer l’objectif des moyens, et demander explicitement que l’on conteste mon cadre.

Cette position a un prix. Je ne suis pas un véritable observateur extérieur : je suis exposé aux effets que j’étudie, comme tout utilisateur. C’est pourquoi la vérification hors de l’IA est la condition pour que mon observation vaille quelque chose.

Ce regard est ce que je cherche à transmettre, plus qu’une technique : remarquer ce qui se passe dans l’échange avant de décider quoi en faire. La formation PARLYA ne vise pas d’abord à obtenir de meilleures réponses d’une IA. Elle apprend à lire, interpréter, vérifier et encadrer ce qui se joue dans l’échange.

Comment je travaille avec l’IA

Pour l’organisation du projet, je travaille principalement avec Claude, l’assistant de l’entreprise Anthropic. J’observe aussi d’autres assistants, dont ChatGPT, qui sert de terrain à certaines de mes expériences.

Dans un environnement de travail dédié, je recoupe régulièrement mes observations, et les retours de Claude, avec d’autres assistants, notamment Perplexity, Manus et ChatGPT. Des modèles différents n’ont pas les mêmes angles morts : les confronter aide à repérer ce qu’un seul aurait laissé passer. Ce recoupement ne remplace pas la vérification dans les sources, car aucun modèle n’est une source.

L’IA intervient à toutes les étapes de mon projet : elle peut explorer des pistes, proposer un angle, une structure, une réécriture, et même une thèse. Elle peut reformuler une idée pour en tester la clarté, simuler les objections d’un lecteur, repérer des répétitions ou des ruptures de logique. Je retiens, transforme ou rejette, et je réponds de ce que je garde. La responsabilité, elle, ne se partage pas : c’est moi qui réponds de ce qui est publié.

Une phrase fluide n’est pas une preuve

Une IA générative produit très vite des phrases fluides, structurées, apparemment pertinentes. Cette aisance est utile. Elle est aussi trompeuse, car la fluidité d’une formulation ne prouve pas la justesse d’une idée, et une réponse bien écrite n’est pas, à elle seule, un raisonnement fiable. Je m’applique cette distinction comme je la propose à mes lecteurs. Je ne confonds pas :

  • une proposition de formulation et une intention ;
  • une synthèse plausible et une connaissance vérifiée ;
  • une réponse convaincante et une réponse vraie ;
  • une aide à l’écriture et une délégation de responsabilité.

Ma méthode

  • L’intention précède la demande. Je pars d’une question, d’une hypothèse, d’une expérience ou d’un objectif pédagogique que j’ai moi-même identifiés. Je ne demande pas à l’IA de choisir mon sujet.
  • Une proposition n’est pas une validation. Une formulation peut être élégante sans être pertinente, ou paraître originale en recombinant des idées connues. Je n’en retiens aucune simplement parce qu’elle sonne bien.
  • Les affirmations importantes sont vérifiées à la source. Faits, données, citations, éléments techniques sont contrôlés auprès de sources appropriées et, si nécessaire, de sources primaires.

Le risque que je surveille le plus : l’accord

On s’attend à ce que le danger soit une IA qui propose une mauvaise idée. Un autre risque, bien documenté, va dans le sens inverse : une IA qui approuve la mienne. Une étude mise en ligne en 2023, puis publiée en 2024 dans les actes de la conférence ICLR, a montré que cinq des assistants conversationnels les plus avancés de l’époque tendaient à aller dans le sens de leur interlocuteur ; ses auteurs y voient un comportement général, dû probablement en partie à la manière dont ces assistants sont entraînés (Sharma et al.). Cette étude est signée par des chercheurs d’Anthropic, l’entreprise qui fabrique Claude, l’assistant avec lequel je travaille le plus. Raison de plus pour en tenir compte.

Un accord obtenu de cette façon ne prouve rien, d’autant qu’il est agréable à recevoir. Acteur de l’échange, j’y suis exposé comme n’importe qui. J’applique donc trois règles. Je demande à l’IA de contredire plutôt que de confirmer. Je ne considère jamais son approbation comme un élément de preuve. Et plus un retour me conforte, plus je le vérifie ailleurs : dans les sources, et auprès d’autres modèles, à qui je demande aussi de me contredire.

Responsabilité

Je réponds de ce que je publie, et toute erreur signalée est examinée, et corrigée si elle est avérée.

Être auteur ne signifie pas écrire chaque caractère sans aucun outil. On a toujours travaillé avec des dictionnaires, des correcteurs, des éditeurs, des lecteurs. La question décisive est de savoir qui porte l’intention, exerce le discernement et répond du résultat. Ici, c’est moi.

Données personnelles

Le seul service PARLYA qui demande une inscription est la formation : bien que gratuite, elle demande la création d’un compte, gérée sur ce site par l’extension Tutor LMS. Pour le reste, rien ne vous est demandé : le Livre 0 se télécharge directement, et l’application, une application web, s’utilise sans inscription ; vos réponses restent dans votre navigateur. Comme tout site, parlya.com enregistre des données techniques, dont l’adresse IP et les pages consultées. Les plateformes extérieures où PARLYA est présent (librairies en ligne, LinkedIn, Substack) appliquent leurs propres règles. Les informations juridiques et techniques figurent dans la politique de confidentialité : https://parlya.com/politique-de-confidentialite/

Cette charte décrit ma position éditoriale. Elle ne remplace pas les informations juridiques et techniques propres à chaque service. Je la mettrai à jour si mes pratiques changent. Cela ne rend pas l’erreur impossible, mais l’erreur ne sera pas dissimulée derrière l’autorité apparente d’un système.

Foire aux questions

Les livres de PARLYA sont-ils écrits par une IA ?

L’IA participe à leur élaboration : elle propose des angles, des plans, des formulations, des réécritures. Ce qui est retenu a été examiné, transformé, vérifié, puis fait mien. Je décide de ce qui est publié et j’en réponds.

Les images, les voix, les vidéos et les traductions sont-elles réalisées avec l’IA ?

Oui, sous ma direction et avec ma validation.

Pourquoi utiliser l’IA si PARLYA critique les illusions qu’elle produit ?

Parce que c’est mon terrain. On comprend mal un phénomène qu’on regarde seulement de loin. Travailler avec l’IA dans un cadre explicite me permet d’observer, de l’intérieur, ce qu’elle fait et ce que nous lui prêtons.

Comment savoir si une information donnée par une IA est exacte ?

On ne peut pas le déduire de la qualité de la formulation. Il faut la vérifier à l’aide de sources appropriées. La confiance va à la méthode de vérification, pas à la fluidité.

En définitive

Je me sers de l’IA pour travailler, et je l’étudie en travaillant avec elle. Je garde ce qui ne peut pas être externalisé sans perdre le sens du travail : l’intention, le discernement, la responsabilité et la décision de publier.

Je demande à mes lecteurs de ne pas prendre une réponse bien formulée pour une pensée vérifiée. Je m’impose la même discipline. Mon but est d’aider chacun à mieux voir ce que fait la machine, et à se voir en train de lui parler.

L’IA peut m’aider à écrire. Elle ne décide pas à ma place de ce que j’ai à dire, ni de la responsabilité que je prends en le publiant.

Dernière mise à jour : 21 octobre 2026

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